AMARGI ! Anti-tragédie de la dette

AMARGI ! Anti-tragédie de la dette

Du 13 octobre au 4 décembre 2016
A la Manufacture des Abbesses
7, rue Véron, 75018 PARIS
les jeudi, vendredi, samedi à 21h, dimanche à 17h
PROLONGATIONS :
Du 2 au 24 janvier 2017
resa@manufacturedesabbesses.com

PROCHAINES REPRÉSENTATIONS :
Les 28, 29 et 30 juillet 2017 au festival La Belle Rouge,
A Saint-Amant Roche Savine (Auvergne).

jeudi 18 mai 2017

Retrouvez Amargi cet été au festival La Belle Rouge !

Du 28 au 30 juillet 2017, Amargi est programmé pour 4 représentations dans ce festival plein de joie et de luttes : c'est à Saint-Amant Roche Savine, en Auvergne, et c'est très très chouette.
Le festival et son programme

vendredi 21 octobre 2016

Les photos de la première...

  

    

  

      

          

  

         

  

  

  

         
           
 





  







































Premier article sur Amargi !

mardi 19 janvier 2016

Bienvenue dans l'angle Alpha : vidéo (intégrale).

Captation du spectacle réalisée à Dison (Belgique) le 6 juin 2015 dans le cadre du festival "Résistances". D'après Capitalisme, désir et servitude. Marx et Spinoza, de Frédéric Lordon (La Fabrique, 2010). Adaptation et mise en scène : Judith Bernard. Avec : Judith Bernard, Renan Carteaux, Gilbert Edelin, Benjamin Gasquet, Aurélie Talec. Lumières et régie : Rachel Dufly. Musique originale : Ludovic Lefebvre. Captation réalisée par Télévesdre.

mardi 10 novembre 2015

Prochaine création : AMARGI ! En octobre 2016 à la Manufacture des Abbesses...


Après avoir exploré notre aliénation dans le salariat, à travers Bienvenue dans l’angle Alpha, il faut pousser plus loin : au cœur de notre servitude se tient l’argent. La monnaie, la dette (c’est la même chose) est cet hameçon par quoi nous sommes tenus à toutes les misères, tous les renoncements, tous les esclavages. Notre prochain spectacle a pour ambition de donner à voir sur le plateau ce que dette et monnaie veulent dire et nous font faire. A l’heure où le peuple grec vient de faire l’objet d’un coup d’état financier, au nom d’une dette odieuse, illégitime et insoutenable, c’est peu dire que notre préoccupation est d’actualité.

Il y a là quelque chose d’obscène (littéralement : ce qui ne doit pas être montré) – et c’est bien sûr exactement pour ça qu’il faut le mettre en scène. Non pour faire conférence explicative et savante – nous aurions beau jeu : les théoriciens spécialistes ne sont pas d’accord entre eux ! – mais pour donner corps à notre désarroi, et partager notre aspiration à une réappropriation collective de la question et de ses réponses possibles. Il faut oser dire de la monnaie : nous n’y comprenons rien, nous voulons y voir plus clair, pour enfin arbitrer son destin – car le destin de la monnaie est le nôtre exactement. Il faut oser lever l’inhibition qui nous tient médusés devant les lois de l’argent ; il faut donner forme et figure à ces abstractions qui capturent et façonnent le concret de nos vies.

Forme et figure ça veut dire que sur le plateau on joue, concrètement, à des jeux (de billes, de ballons, de cerceaux : la dette est ce cercle infernal, l’argent des billes que l’on joue, tout ça circule en dynamiques manipulatoires où l’on a tôt fait d’être roulé), tout en racontant l’aujourd’hui, l’hier et le demain (pourquoi pas) de nos modèles économiques. On joue nos vies, puisque chacun de nous est traversé par la question de l’argent, chacun hanté par sa dette, son découvert, ses fins de mois, son insolvabilité, et qu’il n’y a pas lieu de faire semblant que ce n’est pas un problème : la parole est directe, familière, l’approche pragmatique, les situations incarnées. Le registre, en partie dramatique, ne s’interdit pas le burlesque et le ludique : il s’agit notamment, et paradoxalement, de « dédramatiser » l’empire de la monnaie. C’est un paradoxe puisqu’en portant ses lois sur un plateau théâtral, nous faisons plutôt un travail de « dramatisation » de la monnaie ; mais ce que nous entendons défaire, c’est le tragique : en matière de monnaie, il n’y a pas de fatalité. Les formes que nous lui connaissons  sont le produit de l’histoire et de la politique, et ce que l’humain a fait, il peut le défaire. Il n’y a nul fatum monétaire : il n’y a que des politiques monétaires, il faut donc le savoir, et puis les refaire – après les avoir défaites.

Et donc ça s’appelle Amargi ! et le point d’exclamation est important. « Amargi » est le mot sumérien qui voulait dire « Liberté » en Mésopotamie, trois mille ans avant notre ère. Il était gravé sur des tables d’argile à chaque fois qu’un roi prononçait un décret de « libération » : libération de tous les asservis pour dette, et retour chez leur mère des enfants de débiteurs tenus en gages chez leurs créanciers. « Amargi » était le mot pour dire l’annulation de toutes les dettes, retour à la case départ, ardoises à zéro ; c’était un rituel fréquent, auquel le pouvoir se livrait chaque fois que l’ordre social était trop gravement menacé par les crises de la dette, vieilles comme la monnaie : les Sumériens, en effet, n’avaient pas seulement inventé l’écriture et la monnaie. Ils avaient inventé l’antidote indispensable à la violence de la dette, antidote que les civilisations postérieures se sont empressées d’oublier – et qu’on a hâte de remettre en circulation (d’où le point d’exclamation).

Avec le soutien du CENTQUATRE : Le spectacle bénéficie d'une résidence d'essai au 104 (avril 2016).